Le visa vacances-travail 


Profession : cueilleur de pommes

Et s’il était possible de partir une année entière pour voyager dans un pays et découvrir ses trésors, tout en étant autorisé à travailler pour subvenir à ses besoins … Cela s’appelle le visa vacances-travail ! 6 pays qui ont signé un accord avec la France, offrent le fameux sésame. Comment en profiter et sous quelles conditions ?

Si vous désirez passer plus de 3 mois (limite d’un visa de tourisme généralement) dans un pays pour le découvrir mais que vous souhaitez également pouvoir y travailler afin de subvenir à vos dépenses de la vie courante, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, le Canada, Singapour et la Corée du Sud proposent un visa spécifique : le visa vacances-travail ; appelé également PVT ou VVT ou WHV (working holiday visa). C’est avec cette formule que je suis parti en Australie, afin de découvrir cet immense pays en prenant mon temps. Pour ne pas trop entamer mes économies, j’ai dégoté un travail de cueilleur de pommes pendant 2 mois dans les Snowy Mountains. Le reste du temps, j’ai voyagé avec l’argent gagné !

Les pays concernés

La France a signé une convention avec l’Australie, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande et plus récemment Singapour et la Corée du Sud, donnant accès au visa vacances-travail. Cela signifie que vous pouvez déposer une demande auprès de l’ambassade du pays envisagé ; et les ressortissants de ces pays peuvent consulter l’ambassade de France pour venir dans l’hexagone.

La demande d’un VVT se fait donc à l’ambassade du pays concerné. Depuis peu, la plupart des demandes se font en ligne et vous n’avez plus besoin d’envoyer votre passeport ou de vous y rendre en personne ! Attention toutefois aux quotas. Pour l’Australie il n’y a pas de limite, en revanche seuls 500 visas par an étaient délivrés en 2005 pour le Japon, 5000 pour la Nouvelle-Zélande  et près de 6000 à destination du Canada. Renseignez-vous sur la date de remise à zéro des compteurs afin de mettre toutes les chances de votre côté. Par exemple pour la Nouvelle-Zélande, les quotas sont renouvelés au 1er mars chaque année.

Les conditions

Elles sont simples :

  • être âgé de 18 à 30 ans révolus (35 dans le cas du Canada) ; notez que c’est l’âge lors de la demande du visa qui est pris en compte. Vous avez en général 12 mois pour arriver à destination et il est possible du coup d’avoir atteint vos 31 ans une fois sur place.
  • avoir la nationalité d’un des pays ayant signé la convention
  • ne pas avoir déjà bénéficié de ce programme pour la même destination (à l’exception de l’Australie qui autorise sous conditions un renouvellement du visa pour une seconde année ; de même pour le Canada qui permet une seconde demande dans une catégorie différente)
  • souscrire à une assurance santé afin de permettre la prise en charge médicale ou un rapatriement si nécessaire ; à ce sujet vous pouvez consulter un précédent article sur la santé. Un justificatif peut être demandé à la douane.
  • disposer de fonds suffisants : suivant la destination et le cours des devises, on vous demande d’avoir une somme disponible de 2000 à 3000€ sur votre compte. Un relevé ou un courrier justifiant cette somme peut être demandé à la douane. Ce montant est censé vous permettre de vivre sur place le temps de trouver un emploi (à mon avis c’est très subjectif et cela dépend beaucoup de vos envies et besoins journaliers, mais c’est la loi !).
  • certaines conditions de santé peuvent s’appliquer et sont spécifiques à chaque pays (ne pas être enceinte, ne pas avoir de maladies jugées graves, etc.). Renseignez-vous auprès de l’ambassade concernée pour plus de détails. Un certificat médical peut être exigé.
  • avoir un passeport valide depuis la demande de visa jusqu’au retour prévu en France (plus un éventuel délai de 6 mois souvent exigé)

Mon visa WHV pour la Nouvelle-Zélande

Le visa vacances-travail

Quelques informations sur les droits et devoirs qu’il confère :

  • à la réception du visa, vous avez normalement 12 mois pour vous rendre dans le pays d’accueil
  • à votre arrivée, votre visa est visé et sera valide pour 12 mois : vous pouvez rester jusqu’à 1 an sur place
  • le visa est multi-entrée : cela signifie que vous pouvez quitter puis revenir dans le pays autant de fois que vous le souhaitez pendant 12 mois à partir de la date de première arrivée.
  • ce visa possède au moins les même caractéristiques qu’un visa de tourisme : vous pouvez voyager à travers le pays comme tous les touristes
  • vous êtes de plus autorisé à travailler dans le pays d’accueil ; certaines limites existent : le VVT a pour but avant tout le tourisme mais permet également de trouver un emploi ponctuel pour subvenir à vos besoins. Renseignez-vous auprès de l’ambassade concernée pour obtenir les restrictions liées au travail. Globalement le détenteur d’un VVT accédera à un emploi saisonnier avec une limite de 6 mois chez le même employeur : dans l’hôtellerie, les exploitations agricoles (orchards en anglais), dans les bars et restaurants, certaines boutiques, etc.
  • ce visa ne permet pas les stages et les études longues ou le travail salarié à durée indéterminée ; renseignez-vous auprès de l’ambassade si vous souhaitez exercer une de ces activités.
  • il n’est généralement pas obligatoire d’avoir son billet retour ; toutefois si vous n’en possédez pas, une preuve pourra être exigée concernant vos capacités à financer le voyage vers votre pays d’origine.

Travailler dans le pays d’accueil

Chaque pays a sa propre culture du travail et il faudra vous renseigner sur les démarches administratives et la manière de postuler à un emploi. Je peux vous offrir mon expérience pour la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui, je pense, doit rejoindre globalement le fonctionnement des autres contrées.

A l’arrivée il faut ouvrir un compte bancaire et déposer une demande de numéro de travailleur ou d’assuré social (IRD en Nouvelle-Zélande ou TFN en Australie). Notez qu’il y aura sans doute beaucoup de communication papier entre vous et l’administration et qu’il vous faudra réceptionner le courrier !! Cela fera le sujet de prochains articles mais rapidement, si vous ne souhaitez pas rester bloqué à un endroit une semaine ou plus en attendant la réponse de l’administration  : en Nouvelle-Zélande il existe PrivateBox qui pour 5$NZ/mois réceptionne votre courrier avant de le scanner et de le rendre accessible sur internet ; en Australie il existe des GPO – des boîtes postales – dans les grandes villes où votre courrier sera conservé une 30aine de  jours.

Chaque pays y va de son petit fascicule pour présenter l’activité économique et les régions et employeurs en recherche de travailleurs comme les VVTistes. A mon avis ne vous attendez pas à un Eldorado : il y a de la concurrence entre étrangers et de plus en plus avec les locaux. Quelques petits conseils : ne vous attardez pas dans les grandes villes (beaucoup de concurrence et le coût de la vie y est élevé), essayez de dénicher le petit coin où peu de touristes vont. N’hésitez pas à frapper à chaque porte ! Le travail ne se pointera pas de lui-même, donc laissez vos coordonnées et rappelez ou représentez-vous chaque jour : soyez actif ! La bonne humeur est de mise bien évidemment et n’oubliez pas que vous serez avant tout là pour découvrir le pays (ou rencontrer les autochtones), donc n’hésitez pas à voyager en attendant de meilleurs jours ! Ah et ne comptez pas trop travailler 1 semaine à tel endroit, voyager 1 semaine puis retrouver du boulot un peu plus loin pour 1 semaine … C’est ce que j’ai voulu faire et j’ai vite compris qu’il valait mieux s’arrêter un bon moment (1 mois ou 2) puis voyager (ou l’inverse !).

N’hésitez pas à laisser dans les commentaires votre propre expérience pour aider les futurs VVTistes ! Ou ces derniers, si vous avez des questions …

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